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Mes ongles caressent le clavier, je bénis ma technologie. Le bruit des touches qui s’activent sous mes doigts, mes ongles soigneusement vernis de rouges illustrent ce cliquettement. J’ai toujours quelque chose à boire à côté de l’ordinateur, en général une boisson chaude. J’ai pris la délicieuse habitude de boire une gorgée après chaque réflexion, comme si la saveur de mon thé pouvait la teintée.

En bruit de fond, ma JBL bleue turquoise. Petite et sonore, elle embaume la pièce d’une vibration que je choisis. Stimulant mes nerfs, énervant mes paumes, agitant mes jambes… Avec certaines musiques j’ai l’impression de partir en guerre, à la conquête de ma créativité, prête à révolutionner mon quotidien et ceux de potentiels lecteurs.rices. Mais mon impatience et mes hautes exigences font décamper mon artiste dans la seconde !

Ecrit sur | Keith Rowe, Groovy Situation

Alors il y a les blancs, le manque d’inspiration et l’humeur qui divague. Dans ces moments d’introspection émotionnelle, je ne créée plus, je décrète que ça sera mauvais, point. Une phrase, et j’efface. Une autre phrase, je relis, j’efface. Un mot, je tire le fil, j’écris, je lis, … j’efface.

L’essence de mon regard sur l’humanité, et sur les épices de la vie.

La créativité finit toujours par me rattraper, il suffit que je regarde aux alentours et que je plonge en moi pour en retirer le jus de mes ressentis. L’essence de mon regard sur l’humanité, et sur les épices de la vie. Avant d’écrire, je vois une scène. Je la repasse au ralenti, j’affine les couleurs et les textures pour enfin toucher l’affect du moment. Mon incapacité à vivre pleinement le moment présent me sert incroyablement, car je rejoue la scène sur mon clavier après ! J’ai l’impression d’être une caméra mouvante, et lorsque je reviens devant mon écran, je tape ce que j’ai vécue dans ma totale immersion à la vie.

 

 

L’inspiration est une muse aérienne. Tantôt fuyante, tantôt épanouie (souvent en plein milieu de la nuit), elle s’abandonne uniquement lorsqu’on l’oublie.